-
Par reve-ever dans Accueil : "le vent se lève, il faut tenter de vivre !!!" : propos de Paul Valéry, repris par Pierre Fournier lors de la 1ère manif écologiste en 1970... le 14 Mars 2011 à 13:50
MARDI 8 MAI 2012 : Ca va changer quoi pour les inculpés de Tarnac, pour Adlène Hacheur... et les autres ?
Ouais, on peut se réjouir un peu, on peut surtout souhaiter une consolidation des résultats lors des législatives et tout mettre en oeuvre pour appuyer la mise en oeuvre d'une vraie politique de gauche, voire la booster un peu, genre des petits piques dans les jarrets des gouvernants élus, parce que les citoyens souffrent et que les sujets urgents : misère sociale, misère tout court, péril nucléaire, péril du gaz de schiste, écologie, chômage. Parce que l'économie est malade et que les cautères sur les jambes de bois n'y serviraient à rien : il faut couper dans le vif ce qui gangrène : les banques qui jouent à la roulette, les lobbies qui ne roulent que pour eux, les capitalistes de tous poils qui doivent subir au plus vite une cure d'austérité, car ils risquent d'exploser bientôt, les pauvres, dans leur caviar et sur leurs yachts. Il faut que cesse ce climat de peur, de haine de l'autre, de "STIGMATISATION" : je n'en puis plus de ce terme, galvaudé comme jamais durant les deux derniers quinquennats. Phénomène décrit de toutes parts, jamais réellement décrié, référence aux marques christiques, c'est sans doute pour cela qu'il a tant séduit...
Il faudra demander des comptes aux vrais malfrats et libérer les innocents... Sarkosy a un super retard en matière de paiement de ses impôts, un super service de casseroles "financeuses" accroché à ses gambettes. Quand le collectif de soutien aux inculpés du 11 novembre aura atteind ses objectifs, il pourra muter en "collectif de depôt de plainte contre X pour malversations diverses contre le Bien Public, prises illégales d'intérets, financements occultes, etc, etc"... C'est trop long comme titre ?
***************
SAMEDI 5 MAI : Le dossier lybien, suite du dossier de Médiapart :

Kadhafi-Sarkozy : la justice tunisienne savait fin 2011
Sarkozy-Kadhafi: dix mois d’enquêtes (1/25)
04 mai 2012 |
« Oui, en tant que premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli », a déclaré, il y a sept mois, Baghdadi Ali al-Mahmoudi. Dès le 25 octobre 2011, l’ancien chef du gouvernement libyen, actuellement détenu en Tunisie, avait détaillé le financement par le régime Kadhafi de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, lors d’une audience devant la cour d’appel de Tunis, qui examinait la demande d’extradition déposée par la Libye à son encontre.
Dans un témoignage accordé à Mediapart, deux avocats ont révélé, vendredi, avoir pris note, le 25 octobre 2011, des explications de l’ancien premier ministre sur l’existence d’un circuit occulte de financement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. D'après eux, l’ancien chef du gouvernement libyen a précisé devant la cour avoir « supervisé » lui-même ces transferts de fonds, passés, selon lui, par la Suisse. Leurs témoignages viennent confirmer les déclarations de deux autres avocats de l'ancien premier ministre.
Ce matin du mardi 25 octobre 2011, l’audience d’extradition de Baghdadi Ali al-Mahmoudi se tient devant la Cour d’appel de Tunis, comme le relate à l’époque la presse tunisienne.
M. Baghdadi Ali al-Mahmoudi, en fuite, est arrivé deux mois plus tôt en Tunisie. Le 22 septembre, il a été arrêté et condamné pour « entrée illégale dans le pays ». Une dizaine d’avocats sont présents. Leur nombre important oblige d'ailleurs à tenir l'audience dans la bibliothèque de la cour d'appel. Parmi eux, des figures du barreau tunisien et des droits de l’homme, venues plaider en faveur de l’ancien premier ministre dont la vie serait, disent-ils, menacée en cas d’extradition. Ils n’ont pas tort : l’ancien guide libyen Mouammar Kadhafi vient d’être tué le 20 octobre. Le CNT, nouveau maître de Tripoli, vient de demander son extradition. Plusieurs associations de défense des droits de l’homme se mobilisent alors contre cette extradition.
L’audience est présidée par le magistrat Ezzedine Bouzrara. Elle va durer 2 h 45, selon les notes très précises conservées par un des avocats présents, Me Mehdi Bouaouaja.
Celui-ci raconte : « Au bout de deux heures, l’un d’entre nous, Slim Ben Othman, a pris la parole. Il a demandé au président de la cour de lui octroyer l’autorisation de poser deux questions à Baghdadi Ali al-Mahmoudi pour souligner, a-t-il dit, l’aspect politique de cette affaire. Le président le lui a accordé. Slim Ben Othman lui a alors demandé s’il avait eu connaissance des dossiers de financement de politiciens étrangers, et plus précisément de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy. Il lui a aussi demandé si des pays étaient prêts à l’accueillir comme réfugié politique. Le président s’est alors tourné vers Baghdadi, et l’a autorisé à répondre. Baghadi a répondu, en souriant : “Oui, en tant que premier ministre, j’ai moi-même supervisé le dossier du financement de la campagne de Sarkozy depuis Tripoli, des fonds ont été transférés en Suisse et Nicolas Sarkozy était reconnaissant pour cette aide libyenne et n’a cessé de le répéter à certains intermédiaires”. »
Interrogé par Mediapart, cet avocat, Me Slim Ben Othman, qui explique défendre à titre gracieux l’ancien premier ministre libyen qu’il connaît très bien, confirme les propos de son confrère. Il précise même que M. Baghdadi Ali al-Mahmoudi les a répétés en présence de plusieurs de ses avocats lorsque des émissaires de l’UNHCR, l’agence des Nations-Unies chargée des réfugiés, lui ont rendu visite dans sa prison de Tunis.
« Baghdadi Ali al-Mahmoudi a dit avoir remis à une délégation française envoyée par Sarkozy de l’argent, beaucoup d’argent, des millions d’euros en liasses de billets, nous déclare-t-il. Il a des documents comptables. On ne remet pas des millions d’euros sans aucune signature. Il garde en mémoire les prénoms de la délégation française. » L’avocat a précisé dans la journée à l’Agence France Presse (AFP) que la remise d’argent avait eu lieu à Genève.
« M. Sarkozy ne dit pas la vérité », accuse Slim Ben Othman, qui se dit à la disposition de la justice française. Selon lui, l’ancien premier ministre libyen détient de nombreux documents, placés en lieu sûr, attestant du financement occulte de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Le coordinateur de la défense de l’ancien premier ministre, Me Mabrouk Korchid, évoquait, dès novembre 2011, quelques jours après l’audience de la cour d’appel, les « secrets d'État » que détenait Baghdadi. « Après la mort de Kadhafi, c’est le seul qui détient des secrets d’État au plan intérieur et en ce qui concerne les relations de la Libye avec certaines grandes puissances », déclarait-il.
Ezzedine Arfaoui, professeur de faculté de droit de Tunis et avocat à la cour de cassation, était aussi présent ce jour-là. Lui aussi confirme la teneur des propos de Baghdadi Ali al-Mahmoudi : « Il a en effet répondu par l'affirmative sur des relations financières spécifiques à la campagne présidentielle de Sarkozy. »
Réagissant à la conférence de presse de jeudi des avocats tunisiens de M. Baghdadi Ali al-Mahmoudi, un avocat parisien, haute figure de la Françafrique, Me Marcel Ceccaldi, a convoqué à son tour les médias à Paris, à l’initiative d’un mystérieux gendre de l’ancien chef du gouvernement libyen. Il a tenté de désavouer ses confrères en se revendiquant d’un mandat de M. Baghdadi pour « démentir formellement les allégations » portant sur le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy. « Me Ceccaldi n'est jamais intervenu dans cette affaire », a assuré un avocat tunisien à Mediapart.
Mes Jean-Pierre Mignard et Emmanuel Tordjman, avocats de Mediapart, qui ont déposé en notre nom, mercredi 2 mai, la plainte contre Nicolas Sarkozy pour dénonciation calomnieuse (lire ici son texte intégral), ont, dès jeudi 3 mai au soir, écrit au procureur de la République de Paris à propos du sort de l'ex-premier ministre libyen, témoin capital dans ce dossier (lire ici leur lettre). Au vu des nouveaux éléments apportés par Mediapart face aux manœuvres de diversion et aux écrans de fumée du pouvoir, Mes Mignard et Tordjman ont diffusé, vendredi 4 mai, le communiqué suivant qui enjoint le parquet d'ouvrir d'urgence une information judiciaire. Le voici :
« La multiplicité des informations, le dépôt de deux plaintes par M. SARKOZY et la société éditrice de MEDIAPART, les conférences de presse qui se succèdent, les révélations qui se font jour, rendent aujourd’hui indispensable l’ouverture d’une information judiciaire confiée à un juge d’instruction. Les deux plaintes doivent lui être confiées. Il en va de la manifestation de la vérité. C’est pourquoi nous demandons à M. le Procureur de la République de Paris de prendre un réquisitoire aux fins d’informer. »
************************
JEUDI 3 MAI 2012...
Lendemain de "débat". THE "débat". Le truc qui donne l'illusion du sens, qui conforte l'impression de la démocratie, dans ces "démocratie occidentales" en général et sous notre 5e république française en particulier.
... Le gagnant du match est... le flou, voire la confusion, en tout cas l'immobilisme, le refus d'aborder de front le fond du problème : on va dans le mur en discutant de dîners fins, de petites et grosses compromissions, de mesurettes et imposettes, mais pas de l'URGENCE ABSOLUE.
Evidemment que nous allons voter Hollande, en souhaitant qu'il ne nous la joue pas à la Hollandréou face aux gras banquiers dont les contours adipeux doivent quelque peu flageoler cependant ; évidemment que nous allons voter Hollande, en attendant de pied ferme qu'il organise un vrai débat sur les enjeux ECOLOGIQUES et ENERGETIQUES.
Les déchets en tous genres débarquent sur les plages américaines : ceux que l'on ramasse à la tracto-pelle... Et ceux que l'on ne voit pas.
...
Élection présidentielle 2012
Réunions de donateurs : l'amnésie de M. Sarkozy
Le Monde.fr| 02.05.2012 à 23h58 • Mis à jour le 03.05.2012 à 00h26
Parmi les nombreux moments de tension entre les deux candidats, lors du débat radiotélévisé, mercredi 2 mai, cet échange, qui portait au départ sur le style de présidence. François Hollande critiquait le "clanisme" de la présidence Sarkozy. Et le candidat socialiste de demander : "Avez-vous reçu les parlementaires de la majorité à l'Elysée ?"
" Non", répond M. Sarkozy, avant de convenir que c'est arrivé, mais en ajoutant : "Il y avait aussi des centristes."
M. Hollande poursuit : "Jamais vous n'êtes allé à l'hôtel Bristol avec M. Woerth pour collecter des fonds ?" Et Sarkozy de répondre, catégorique : "Non !"
L'affirmation est pourtant facile à démentir : elle a fait l'objet de plusieurs articles de presse, et même de reportages vidéo. Ainsi, en 2009, iTélé consacre un reportage à ces réunions de donateurs, visible ci-dessous.
Samuel Laurent© Le Monde.fr
***************
LUNDI 30 AVRIL : disparition de ma page d'accueil....
c'est bizarre non ? Je venais de mettre à jour en relatant tout l'article de Médiapart, TOUT A DISPARU...
Bon ben tant pis pour les autres articles, je re-copie-colle l'article de Médiapart :
Libye, l’urgence d’une enquête officielle

28 avril 2012 |
Il faut prendre la mesure exacte de l'enquête que nous publions sur les liens financiers entre le régime Kadhafi et Nicolas Sarkozy (elle est à lire ici). De quoi s'agit-il ? D'une possible entreprise de corruption massive, par une puissance étrangère, d'un ministre français devenu président de la République et, aujourd'hui, candidat à un second mandat. Disons-le clairement : c'est du jamais vu. Jamais un journal d'information n'a été en mesure de publier un tel document, qui dévoile les coulisses de négociations liées à la politique et aux affaires, et fait ouvertement état de financements politiques illégaux voire d'enrichissements privés.
Il va de soi que nous prenons, à Mediapart, l'exacte mesure de ce que nous publions là. Et plus encore, tant il peut laisser stupéfait le lecteur peu attentif aux affaires du sarkozysme. Nous mesurons pleinement l'impact potentiel de ce document. Il est vertigineux, destructeur, pour ce pouvoir, pour notre système politique. Ainsi donc, un accord est trouvé, dit ce document, entre celui qui fut l'un des pires dictateurs de la planète et celui qui prétendait alors à la présidence de la République française. Soutien à Nicolas Sarkozy pour la campagne présidentielle de 2007 : 50 millions d'euros. En décembre 2006. A moins de six mois de l'élection.
25 juillet 2007, Tripoli© Reuters
On imagine d'avance la réponse de M. Sarkozy et des siens (à ce stade, l'Elysée que nous avons contacté a refusé de répondre) : une fable, une honte, les fameuses « méthodes fascistes » de Mediapart ! L'acharnement par la calomnie ! Oui, nous connaissons ces réponses. Elles nous furent opposées, il y a presque deux ans, en 2010, lorsque Mediapart révélait ce qui allait devenir l'immense scandale Bettencourt.
Depuis, plusieurs informations judiciaires ont été ouvertes. Des redressements fiscaux de plusieurs dizaines de millions d'euros ont été signifiés à Liliane Bettencourt. Son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, est en prison depuis plus d'un mois, sous le coup de mises en examen multiples. Et Eric Woerth, l'ancien ministre dont Nicolas Sarkozy se portait bruyamment garant en juillet 2010, est sous le coup de deux mises en examen. Aucun des éléments d'enquête de Mediapart ne s'est trouvé, à ce jour, démenti.
Alors cette enquête libyenne ? Son enjeu est différent, tant elle nous fait passer dans une autre dimension. Nous accédons là non plus à l'aide masquée et illégale qu'aurait pu apporter l'une des plus grandes fortunes françaises à un camp politique et à son candidat. Il s'agirait cette fois de la mise en place d'un système à grande échelle de détournements de fonds et de corruption, par un Etat étranger, d'un clan politique.
Chacun aura compris, par ailleurs, qu'au vu du montant cité par ce document, 50 millions d'euros, il ne s'agit plus seulement de soupçons de financement politique (le plafond autorisé des dépenses de campagne pour la présidentielle est de 22 millions d'euros par candidat) mais, peut-être, d'enrichissement privé des protagonistes. Et chacun aura compris qu'une telle affaire est susceptible de bouleverser la version officielle qui nous est proposée des raisons de l'entrée en guerre, il y a un an, en Libye pour faire chuter le régime Kadhafi. Tout comme elle éclaire d'une tout autre lumière ce que fut la visite d'Etat du dictateur Kadhafi en France, en décembre 2007.
Ci-dessous, Claude Guéant justifiant cette visite au 20 heures de France-2, le 10 décembre 2007 :
Visite de Kadhafi : le cynisme de Guéant par daniel-c
Les explications de Mediapart
Pour toutes ces raisons et vu l’importance exceptionnelle du document que nous publions, signé par l’un des piliers du régime déchu, Moussa Koussa, et qui vient compléter de multiples informations déjà révélées, il est indispensable qu’une enquête officielle s’ouvre sur ce volet spécifique des affaires libyennes. Enquête judiciaire ou commission d’enquête parlementaire : la lumière doit être faite sur ce qui apparaît potentiellement comme pouvant être le plus grand scandale de la République.
Ce n’est pas à la légère que Mediapart a choisi, dans ce moment, de publier un tel document. Et cela mérite quelques explications.
Publier une telle information à huit jours du second tour de l'élection présidentielle n'est pas indifférent. Disons-le, nous nous serions passés de ce calendrier électoral. Pour une raison simple : c'est que nos révélations risquent de n'être jaugées qu'à l'aune de cette échéance électorale. Et, surtout, parce que ce n'est pas le nôtre : nous publions ce document maintenant parce que c'est maintenant que notre enquête a permis de le trouver, après dix mois d'investigations constantes sur les secrets libyens de l'actuel président de la République.
Les affaires libyennes du régime Sarkozy s'inscrivent en effet dans un temps autrement plus long que le bref calendrier électoral actuel. Débutées en 2005, elles se poursuivront bien après l'élection puisque les juges Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire pourraient d'ores et déjà faire le choix d’élargir le champ de leurs investigations et qu'une enquête spécifique s'avère désormais indispensable.
Sarkozy et Kadhafi en juillet 2007 à Tripoli.© (Reuters)
« Boules puantes ». Ce fut récemment l'expression de Nicolas Sarkozy, utilisée pour ne pas répondre aux questions de journalistes sur ces multiples affaires qui le cernent et menacent de l'envoyer devant un juge, s'il perdait la présidentielle et, par là même, son immunité judiciaire. Nos lecteurs fidèles savent combien notre travail ne peut en rien être ramené aux « boules puantes » du candidat Sarkozy.
Nos premières enquêtes sur les affaires libyennes de l'Elysée ont été publiées... il y a dix mois. Le 10 juillet 2011, nous avons mis en ligne le premier article d'une série que nous avons appelée « Les documents Takieddine » (à retrouver en cliquant ici). Takieddine, du nom de cet intermédiaire dans les contrats internationaux, et qui a été durant plus de quinze années au cœur de la Sarkozie, en lien avec quelques-uns des plus proches de l'actuel chef de l'Etat, Nicolas Bazire, Claude Guéant, Brice Hortefeux, Thierry Gaubert.
« Le financier secret qui met en danger le clan Sarkozy » était le titre de notre premier article. Entrés en possession de plusieurs centaines de documents de ce marchand d'armes, nous avons pu recouper, vérifier puis reconstituer le détail de ses activités... Ce premier article débutait ainsi : « Cet homme est une bombe à retardement pour le clan Sarkozy. Connu pour être le principal suspect dans le volet financier de l’affaire Karachi, Ziad Takieddine est bien plus que cela. Mediapart est en mesure d'affirmer qu'il est devenu à partir de 2002 un conseiller occulte et un financier de l’ombre au cœur du sarkozysme, de la conquête du pouvoir jusqu'à aujourd'hui, selon de nombreux documents exclusifs que nous nous sommes procurés. »
Depuis, nous avons publié près de cinquante enquêtes sur Ziad Takieddine, ses affaires comme ses liens multiples avec Claude Guéant, quand ce dernier était secrétaire général à l’Elysée. Très vite, les particularités des différents dossiers libyens sont apparues. Dès le 22 juillet 2011, nous avons publié des documents montrant comment l'équipe de Nicolas Sarkozy a tout fait pour sauver la mise judiciaire d'Abdallah Senoussi (à lire ici). Patron des services spéciaux libyens et beau-frère de Kadhafi, il a été condamné le 10 mars 1999 à une peine de perpétuité en France dans l'affaire de l'attentat contre le DC10 d'UTA, et il est visé depuis par un mandat d'arrêt international.
Le 28 juillet 2011, sous le titre « Le grand soupçon libyen », nous avons mis en évidence l’importance mais aussi l’opacité de nombreux accords financiers passés entre le régime Kadhafi et l’entourage du chef de l’Etat. « Selon une vingtaine de notes confidentielles obtenues par Mediapart, Claude Guéant, alors directeur de cabinet du ministre de l'intérieur, puis secrétaire général de l'Elysée, a été avec le sulfureux homme d'affaires Ziad Takieddine le pivot des deals financiers de la France avec le dictateur libyen Mouammar Kadhafi, de 2005 à 2007. »
Depuis l’été 2011, nos collègues Fabrice Arfi et Karl Laske n’ont cessé de poursuivre leurs investigations, en complément de la seule exploitation des documents Takieddine. Dans le chaos qui a suivi la chute du dictateur, de nouvelles opportunités se sont présentées. Plusieurs mois d’enquête, de rendez-vous avec des intermédiaires, de déplacements à l’étranger leur ont permis de remonter progressivement vers des acteurs clés de l’ancien régime Kadhafi ou de différentes factions qui tentent aujourd’hui de gagner leur place dans la nouvelle Libye.
Années d'affairisme
C’est ce lent travail qui permet aujourd’hui de publier ce document. L’agenda n’est pas électoral : il est celui de la progression de notre enquête. D’ailleurs, le 12 mars, nous avions publié un article (à lire en cliquant ici) qui faisait déjà état d’un possible financement, à hauteur de 50 millions d’euros, de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2007. Enquête qui s’appuyait sur le témoignage d’un médecin et sur une note rédigée par Jean-Charles Brisard, ancien membre de l’équipe de campagne d’Edouard Balladur, en 1995, aujourd’hui dirigeant d’une société de renseignements privée.
Le document officiel signé par Moussa Koussa achève de donner crédit aux informations déjà publiées. Il éclaire brutalement ce que fut la soudaine lune de miel, à partir de 2005, entre Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’intérieur, et Mouammar Kadhafi. Nous avons expliqué, dans nos enquêtes, comment se voyant barrés de la négociation de contrats avec l’Arabie saoudite, les proches de Nicolas Sarkozy ont fait en 2005 le choix de la Libye. Alors tout juste réintégré dans le grand jeu de la communauté internationale après en avoir été le paria, le régime Kadhafi a entamé une “ouverture” essentiellement basée sur des contrats mirifiques avec plusieurs pays.
Kadhafi et Sarkozy en décembre 2007.© (Reuters)
C’est précisément à ce moment que l’équipe Sarkozy, avec Takieddine en intermédiaire, prend le chemin de Tripoli. La libération des infirmières bulgares, pour laquelle Claude Guéant et Ziad Takieddine ont joué un rôle central, mais dont les conditions financières restent particulièrement troubles (avec le Qatar en intermédiaire financier), marque l’officialisation de ces nouvelles relations. Et l’apogée survient avec la réception pourtant très contestée, à droite comme à gauche, du dictateur à Paris, début décembre 2007, pour une visite de cinq jours.
La multitude de contrats alors annoncés (infrastructures, armement, pétrole ainsi qu’une centrale nucléaire devant fournir l’énergie nécessaire à une usine de désalinisation d’eau de mer) surprend les observateurs. Dans les coulisses, Ziad Takieddine se rêve en grand ordonnateur de cette avalanche de contrats mirifiques.
Les errements du régime Kadhafi puis les révolutions arabes mettront un coup d’arrêt à ces relations. Le déclenchement de la guerre et de l’intervention des forces aériennes de l’Otan, sur une pression soudaine de Nicolas Sarkozy, ne permettra pas seulement de renverser le dictateur. La guerre permettra d’effacer ces années. Années d’affairisme dont tout laisse penser aujourd’hui qu’elles furent l’occasion de manœuvres corruptrices d’une ampleur stupéfiante. D’où la nécessité et l’urgence d’une vaste enquête officielle et indépendante.
Suivre le flux RSS des articles
Suivre le flux RSS des commentaires

